Pegi Nicol MacLeod (1904-1949) est une artiste progressiste singulière qui, par son exubérance, défié avec audace les conventions créatives. À une époque où la vision pionnière du Groupe des Sept occupait encore une place prépondérante dans l’art canadien, les œuvres affirmées et avant-gardistes de MacLeod sont fluides dans la forme, pulsent de vitalité et reflètent une sensibilité qui privilégie la mise en mouvement et l’immédiateté. En créant entre la conscription et la deuxième vague du féminisme, MacLeod se taille une place dans un champ majoritairement masculin en évitant et subvertissant les contraintes imposées aux artistes féminines.
Dans Pegi Nicol MacLeod : sa vie et son œuvre, l’autrice Devon Smither retrace la carrière remarquable de l’artiste, expliquant comment les coups de pinceau intuitifs et les compositions superposées de MacLeod lui ont permis de se tailler une place parmi les modernistes les plus avant-gardistes du Canada. Née à Listowel, en Ontario, mais élevée à Ottawa, MacLeod déménage fréquemment tout au long de sa vie, notamment à Toronto, Fredericton et New York. Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle est sollicitée pour créer des œuvres d’art dans le cadre du programme canadien d’archives de guerre. Entre 1944 et 1945, elle produit une série vibrante montrant des membres du Service féminin de l’Armée canadienne qui s’entraînent, travaillent et vivent ensemble. Animées par son style cinétique, les peintures de MacLeod capturent les rythmes quotidiens et la camaraderie des femmes qui servent au front chez nous.
“Ce que l’on appelait les coups de pinceau inachevés de MacLeod est une déclaration de la liberté. Ce que les critiques considéraient comme de la précipitation était en fait de la rapidité, des idées rendues visibles. Son style rythmé et spontané remettait en question la peinture canadienne polie et prouvait que la vitesse, l’émotion et l’audace pouvaient être l’état d’une grande maîtrise. »
– Devon Smither
Comme quelques-unes de ses contemporaines, Marian Dale Scott et Paraskeva Clark, MacLeod produit un langage visuel moderne et unique à travers ses autoportraits, ses scènes sur l’enfance et ses représentations dynamiques de la vie urbaine. Bien que sa vie ait été écourtée à l’âge de quarante-cinq ans, les peintures de MacLeod restent lumineuses, empreintes de la vitalité de leur créatrice et vivantes grâce aux couleurs et à l’énergie inépuisable d’une artiste qui voyait le monde en perpétuel mouvement.
Image de la bannière : Pegi Nicol MacLeod, School in a Garden (Une école dans un jardin) (détail), c.1933. Collection privée.
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