Jean Paul Riopelle, Pavane (Hommage aux Nymphéas), 1954 Huile sur toile, 300 x 550,2 cm (triptyque)© Succession Jean Paul Riopelle/SOCAN (2019) Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa

Cette peinture fait référence aux derniers grands tableaux de Claude Monet (1840-1926), tels que Nymphéas, 1920-1926, du Musée de l’Orangerie à Paris. Le sous-titre Hommage aux Nymphéas et la référence explicite à Monet ont d’abord été donnés par un proche ami de Riopelle, le critique Patrick Waldberg. La rythmique des coups de spatule et des amalgames de couleurs chatoyantes de Riopelle confèrent à l’œuvre un caractère très organique, comme si elle palpitait d’une manière semblable aux Nymphéas. Ces vastes compositions figurent, sans chercher le mimétisme, les matières naturelles vivantes et changeantes, l’eau, les plantes et fleurs, la lumière fugace.   Pavane ne semble pas donner prise au souhait du critique français Georges Duthuit (1891-1973) de voir Riopelle ménager, dans ses œuvres, des « vides, [des] espaces où pourra, où devra se mouvoir la pensée ». Le peintre a plutôt créé une scène dans laquelle le mouvement l’emporte sur toute autre chose, de haut en bas et de bas en haut. La problématique de plein et de vide envisagée par Duthuit échappe à Riopelle. Même les coups de spatule en blanc – visibles dans le bas des sections de gauche et de droite; et en haut dans la section du milieu – ne créent pas de vides. Ils s’ajoutent simplement à la composition, sur le même plan que les coups de spatules colorés avec lesquels ils s’harmonisent.   Cette rubrique en vedette est tirée de l’ouvrage Jean Paul Riopelle : sa vie et son œuvre écrit par François-Marc Gagnon.

À la mémoire de Monet