Joyce Wieland, The Water Quilt (La courtepointe d’eau), 1971 Assemblage de coton brodé et tissu imprimé, 134,6 x 131,1 cm, Musée des beaux-arts de l’Ontario, Toronto

L’ouvrage de Laxer porte sur l’avenir des ressources naturelles canadiennes. L’auteur y critique le projet d’entreprises américaines (d’aussi loin qu’en Californie) qui veulent mettre la main sur l’eau douce de l’extrême nord du Canada pour la détourner vers le sud de la frontière. Wieland est apparemment si alarmée par cette possibilité de vente d’« eau en vrac », comme le veut l’euphémisme, qu’elle demande à Laxer la permission d’intégrer le livre dans son œuvre. 


Wieland illustre ici des fleurs fragiles pour évoquer la menace écologique qui pèse sur le Nord, tout en établissant un lien avec la question de la souveraineté nationale. Cette façon de comprendre et de représenter le paysage est unique parmi les artistes de l’époque. La courtepointe d’eau est aussi considérée comme un objet profondément interdisciplinaire du fait que s’y recoupent la connaissance scientifique (les spécimens botaniques représentés), l’économie (l’analyse de Laxer) et l’esthétique.


Cette rubrique en vedette est extraite de Joyce Wieland: sa vie et son œuvre par Johanne Sloan.

La courtepointe d’eau, 1971, de Joyce Wieland