
Elizabeth Cann, The Soldier’s Wife (La femme du soldat), 1941 Huile sur toile, 65 x 46,1 cm Musée des beaux-arts de la Nouvelle-Écosse, Halifax
Le caractère unique du portrait de Cann témoigne de la rareté des représentations de femmes ou de civils parmi les portraits militaires. La majorité de ceux-ci se concentre sur les qualités héroïques de leurs sujets. Une œuvre, par exemple, conservée au Musée canadien de la guerre depuis 1974, montre une héroïne civile britannique peinte de manière à ressembler à la protagoniste de la célèbre Assomption de la Vierge, 1516-1518, de Titien (v.1488-1576), artiste de la Renaissance italienne. Portrait of Mrs. Marion Patterson, G.M. (Portrait de Mme Marion Patterson, G.M.), v.1942, du peintre écossais Robert Sivell (1888-1958), qui a étudié en Italie, donne à la surveillante d’incendies d’Aberdeen l’air d’une sainte ayant participé au sauvetage des marins piégés dans les décombres d’un bâtiment bombardé. Dans une histoire de l’art de guerre canadien centrée sur les accomplissements, le courage et les pertes des hommes, les perspectives féminines sur le conflit sont souvent écartées, surtout dans les collections militaires officielles. Ainsi, la sculpture de la Première Guerre mondiale Grief (La misère du siècle), 1918, de Frances Loring (1887-1968) n’est coulée qu’en 1965, soit près de cinquante ans après que son artiste l’ait sculptée. Aujourd’hui, elle ne se trouve pas au Musée canadien de la guerre, mais au Musée des beaux-arts du Canada. La femme du soldat n’appartient pas non plus à une institution militaire : le Musée des beaux-arts de la Nouvelle-Écosse l’a acquise en 1974. Ces œuvres favoriseraient sans aucun doute une meilleure compréhension des conflits par le grand public si le Musée canadien de la guerre les détenait, mais l’important, dans un monde numérique, est qu’elles y soient associées. Cette rubrique en vedette est tirée de l’ouvrage L'art de guerre au Canada : une histoire critique écrit par Laura Brandon.
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