Paul Kane, Fort Edmonton, Compagnie de la Baie d’Hudson; Cris des Plaines, Assiniboines, v.1849-1856 Huile sur toile, 43 x 71 cm, Musée royal de l’Ontario, Toronto

Fort Edmonton illustre son emploi d’une convention picturale commune du pittoresque, où des vues en plongée et des formations terrestres sinueuses permettent au regardeur de « voyager » à l’intérieur de l’image. La rivière qui s’étend au loin vers la gauche et le sentier qui aboutit dans le fort sur la droite donnent au tableau deux points de fuite. Kane réussit ce défi en intégrant des nuages dans le quadrant supérieur gauche, créant du coup un vaste « S » qui dirige notre regard du premier plan vers le promontoire, établissant ainsi un contact avec l’horizon et le ciel au loin.


De nos jours, l’idée que l’on se fait du pittoresque est souvent formulée dans le cadre d’une idéologie impérialiste. Si l’on considère Fort Edmonton dans cette optique, la reconnaissance des liens économiques entre l’empire et la colonie se trouve reflétée, chez Kane, par l’inclusion du fort, des tipis et de la rivière qui est essentielle à la traite des fourrures. 


Cette rubrique en vedette est extraite de Paul Kane : sa vie et son œuvre par Arlene Gehmacher.

Fort Edmonton, v.1849-1856, de Paul Kane