
Mary Pratt, Eggs in an Egg Crate (Œufs dans une boîte d’œufs), 1975 Huile sur masonite, 50,8 x 61 cm Collection de l’Université Memorial de Terre-Neuve, The Rooms Provincial Art Gallery, St. John’s
La composition de l’œuvre est similaire à celle de Salmon on Saran (Saumon sur Saran), 1974. Toutes deux partagent une vue d’en haut, un sujet central horizontal et un arrière-plan neutre que l’on pourrait supposer être un comptoir. Œufs dans une boîte d’œufs est toutefois baignée d’une lumière douce qui infuse délicatement la scène depuis le haut, de sorte que de faibles ombres sont projetées à l’avant-plan. Le carton semble briller dans un subtil effet de halo. L’habileté technique de Pratt est perceptible dans son rendu de l’albumen, au fond des coquilles d’œufs vides et empilées, et de la translucidité aux extrémités des coquilles. L’œuvre est une description méticuleuse, un objet rendu avec tant de soin qu’il transcende son contexte initial de cuisine, et transmet violence, émotion et sens. Le philosophe français Maurice Merleau-Ponty, auteur d’un traité révolutionnaire sur la perception des sens, considère la phénoménologie comme un processus similaire : « Il s’agit de décrire, affirme-t-il, et non d’expliquer ou d’analyser. » Beaucoup plus tard, Pratt écrit qu’elle avait fait un gâteau d’anniversaire nécessitant une douzaine d’œufs : « En cassant les œufs, je remettais simplement les coquilles dans la boîte, avec l’intention de fermer le couvercle et de tout jeter à la poubelle. Cependant, la lumière est tombée sur l’intérieur luisant des coquilles vides, elle a pénétré dans la boîte d’œufs en papier mâché poreux, et les textures et couleurs se sont combinées pour créer une image symbolique de la vie et de la vie abandonnée. » Cette rubrique en vedette est tirée de l’ouvrage Mary Pratt : sa vie et son œuvre écrit par Ray Cronin.
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