Paul Kane, Femme et enfant à la tête aplatie, Caw-wacham, v.1849-1852 Huile sur toile, 75,9 x 63,4 cm, Musée royal de l’Ontario, Toronto

Les réactions suscitées par Femme et enfant à la tête aplatie au dix-neuvième siècle abordent tant les considérations esthétiques qu’ethnographiques. On apprécie la peinture autant pour les couleurs du paysage en arrière-plan que pour le fait qu’il s’agit d’un « trait représentatif des coutumes indiennes ».


De nos jours, les commentaires portant sur cette œuvre sont plus critiques. L’historienne de l’art Heather Dawkins aborde Femme et enfant à la tête aplatie dans une perspective postcoloniale, prenant Kane à partie en raison du point de vue impérialiste victorien que reflète son absence totale d’égard pour les distinctions entre peuples autochtones. Compte tenu du fait que l’artiste exploite le thème de « la mère et de l’enfant » à une époque où la culture occidentale fait preuve d’un respect croissant envers les enfants, Dawkins remet en question les raisons pour lesquelles Kane choisit de dépeindre cette coutume. S’agit-il d’une vision romantique de la vie autochtone ou d’une critique intentionnelle de leur culture?


Cette rubrique en vedette est extraite de Paul Kane : sa vie et son œuvre par Arlene Gehmacher.

Femme et enfant à la tête aplatie, Caw-wacham, v.1849-1852, de Paul Kane