Yves Gaucher, Deux bleus, deux gris, 1976 Acrylique sur toile, 152,4 x 213,4 cm, Musée des beaux-arts de Montréal

L’œuvre Deux bleus, deux gris confirme la nouvelle direction picturale empruntée par le peintre. En fait, l’œuvre présente quatre couleurs qui se combinent mal notamment par le fait que leur intensité et la dimension des bandes varient. Le tableau donne l’impression qu’il a fallu une volonté de fer pour qu’il en vienne à former un tout harmonieux. On y voit que Gaucher s’intéresse à la manière dont les couleurs se comportent quand elles dialoguent. Dans Deux bleus, deux gris, en n’égalisant pas la largeur de ses bandes, il donne l’impression que la forme contient la couleur, maintenant ainsi le jeu visuel constant du contenant et du contenu.


Gaucher compose ce genre de tableaux en exécutant une série de mouvements successifs, jonglant avec ses variables. La modification de la couleur ou de la teinte d’une seule bande entraîne celles des trois autres, chacune évaluée et réévaluée. Il essaie souvent diverses solutions sur du papier ou de petites toiles, jusqu’à l’obtention d’une peinture parfaitement « accordée » dans laquelle chaque bande est en harmonie avec le tout.


Cette rubrique en vedette est extraite de Yves Gaucher : sa vie et son œuvre par Roald Nasgaard.

Deux bleus, deux gris, 1976, de Yves Gaucher