Composite of two paintings. LEFT: portrait of two youg women in front of water. RIGHT: portrait of a woman with a young child.
GAUCHE : Prudence Heward, The Emigrants (Les immigrantes), v.1928, huile sur toile, 66 x 66 cm, collection privéeDROITE : Chantel Mei, Diaspora, 2023, techniques mixtes sur papier, 45,5 x 60,1 cm
Le défi étudiant s’inspirer de l’art canadien 2023

Célébrer la relève artistique du Canada

Comment voir de la beauté dans le quotidien? Quel endroit vous est le plus cher? Comment entrer en relation avec votre voisinage? Quelles sont les traditions alimentaires de votre famille? Cette année, ces questions sont au cœur de notre défi étudiant qui lance l’invitation aux jeunes artistes de la 7e à la 12e année à créer des œuvres originales inspirées par celles d’artistes avant-gardistes comme Daphne Odjig (1919-2016), Alex Colville (1920-2013) et C. D. Hoy (1883-1973). Comme le souligne avec poésie l’un de nos finalistes de 2023, les artistes du Canada, à travers l’histoire, ont le pouvoir d’allumer un « feu passionné pour l’art […] qui a été transmis à la relève artistique ». L’éventail des réponses visuelles aux œuvres et aux artistes précurseur·es reçues pour cette édition du défi est un rappel de l’importance de l’histoire de l’art canadien pour stimuler les jeunes talents et passer le flambeau à la prochaine génération.

L’exposition

À propos de Prudence Heward :

Prudence Heward (1896-1947) est une figure centrale du monde artistique montréalais de l’entre-deux-guerres. Célèbre pour ses couleurs et ses formes sculpturales uniques de style expressionniste, ses portraits de femmes modernes et audacieuses sont incomparables.


À propos de l’inspiration de l’élève :

Inspirée par la peinture de Prudence Heward, The Emigrants (Les immigrantes), l’œuvre Diaspora relie les luttes souvent semblables que les personnes réfugiées mènent à travers le temps. Dans mon interprétation personnelle de cette œuvre d’Heward, je considère qu’il s’agit de deux femmes qui immigrent dans un nouveau pays dans l’espoir d’y trouver de meilleures opportunités. En regardant la peinture de Prudence Heward, on peut lire l’émotion et la sentimentalité que l’artiste a réussi à rendre dans leurs visages. J’ai toujours admiré sa capacité à peindre des femmes dans des portraits d’une telle complexité, malgré la désapprobation du public à l’égard de ces représentations. C’est pourquoi j’ai voulu communiquer le même message aux mères et aux femmes ukrainiennes qui cherchent refuge au Canada en raison de la récente guerre dans leur pays. Spécialement pour les mères, les traumatismes complexes de la guerre sont encore plus accablants. Les deux peintures montrent les luttes auxquelles les femmes sont confrontées en période de migration.


–Chantel Mei (9e année, Webber Academy, Calgary, Alberta)

Portrait painting of two young women in front of water, by Prudence Heward

L’inspiration

Prudence Heward, The Emigrants (Les immigrantes), v.1928

Huile sur toile, 66 x 66 cm

Collection privée

Painted portrait of Ukrainian woman carrying young child at airport

L’œuvre d’art de l’élève

Chantel Mei, Diaspora, 2023

Techniques mixtes sur papier, 45,5 x 60,1 cm

À propos d’Ozias Leduc :

Largement autodidacte, Ozias Leduc (1864-1955) est l’un des plus importants peintres québécois. Imprégnées des principes modernistes et pourtant en marge des tendances artistiques de son époque, ses natures mortes poétiques sont encore et toujours source d’inspiration.


À propos de l’inspiration de l’élève :

 J’aime les Pommes vertes d’Ozias Leduc. La couleur de son tableau, la vivacité des pommes, qui figurent comme si je les avais sous les yeux, et l’harmonie de la vue lointaine derrière le pommier sont magnifiques. J’ai voulu dessiner l’un de mes plats favoris en m’inspirant de ses peintures. Le bibimbap m’est venu à l’esprit, car c’est l’un de mes plats traditionnels coréens préférés. Il s’agit d’un plat dans lequel on ajoute à du riz divers ingrédients, tels que de la viande et des légumes, et que l’on mélange à des assaisonnements, ce qui donne un goût unique créé par la combinaison d’ingrédients variés. Je pense que cela ressemble un peu au Canada, où des gens différents vivent ensemble pour créer des assemblages et de la variété. J’ai imaginé un bol de bibimbap posé sur une table en bois, ce qui m’a rappelé les oignons posés sur la table dans d’autres peintures d’Ozias Leduc.


–Joanne Kim (7e année, Bluenose Academy, Lunenburg, Nouvelle-Écosse)

Painting of green apples on tree by Ozias Leduc

L’inspiration

Ozias Leduc, Pommes vertes, 1914-1915

Huile sur toile, 63,3 x 94,4 cm, achetée en 1915

Collection du Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa (1154) Photo : MBAC

Painting of bowl of bibimbap topped with an egg by Joanna Kim

L’œuvre d’art de l’élève

Joanne Kim, Bibimbap, 2023

Acrylic on stretched canvas, 30.5 x 22.9 cm

Painting of two girls beside a river by Helen McNicoll

L’inspiration

Helen McNicoll, Watching the Boat (Observant le bateau), v. 1912

Huile sur toile, 64,1 x 76,8 cm

Collection privée, Vancouver

À propos de Helen McNicoll :

Helen McNicoll (1879-1915), l’une des femmes artistes les plus prolifiques au pays, a été acclamée pour ses représentations lumineuses de paysages ruraux, de sujets d’enfants et de figures féminines modernes, un corpus d’œuvres qui a contribué à populariser l’impressionnisme au Canada.

Painting of woman walking down a scenic park path by Chaelyn Han

L’œuvre d’art de l’élève

Chaelyn Han, Into the Moment, 2023

Acrylic on paper, 47 x 32.5 cm

À propos de l’inspiration de l’élève :

Helen McNicoll, une artiste canadienne bien connue pour ses remarquables peintures de paysages impressionnistes ensoleillés, m’a inspiré pour interagir avec mes souvenirs par le biais de l’art. La première fois que j’ai découvert son art, j’ai été stupéfaite par son usage des couleurs pour créer une ambiance tranquille, qui m’a invitée à m’intéresser aux tableaux par d’autres moyens que le sens visuel. Les expressions subtiles de ses coups de pinceau me rappellent de vagues souvenirs nostalgiques associés à la vie sauvage. La représentation de la nature et des personnages raconte des histoires; au lieu de simplement observer, l’œuvre m’encourage à imaginer le paysage. J’ai peint ma mère et moi marchant dans le parc Stanley, car cela reste l’un de mes meilleurs souvenirs. J’ai voulu chérir ce moment en le recréant dans une peinture, à la manière de McNicoll, ce qui me permet d’inviter toute personne qui regarde l’œuvre à s’y attarder, tout comme le tableau de McNicoll m’a inspirée.


–Chaelyn Han (9e année, Lord Byng Secondary School, Vancouver, Colombie-Britannique)

À propos de Molly Lamb Bobak :

Bien que la Vancouvéroise Molly Lamb Bobak (1920-2014) ait été la première femme canadienne nommée artiste de guerre officielle, elle est reconnue en tant que peintre de la vie moderne, dont le corpus de paysages urbains vibrants, de scènes d’intérieur domestiques et de natures mortes florales révèle une compréhension instinctive de la couleur.


À propos de l’inspiration de l’élève :

Molly Lamb Bobak est bien connue pour ses scènes d’intérieur et ses natures mortes, qui me fascinent le plus dans son travail. Les distorsions dans Nature morte revisitée de même que les couleurs et motifs dans Scène intérieure avec tapis marocain m’ont grandement inspirée dans la création de mon œuvre. De plus, les distorsions de Bobak évoquent le travail de Paul Cézanne, qui a toujours été une grande source d’inspiration pour moi. Le rassemblement représente la simplicité de la routine quotidienne qui m’a toujours captivée, particulièrement les heures de repas. Elles demandent d’être observées et écoutées, et je voulais refléter la manière dont la nourriture a le pouvoir de rassembler un groupe de personnes. Étant dans le militaire à Londres durant la Seconde Guerre mondiale ainsi que la première artiste de guerre canadienne, Bobak m’inspire énormément comme artiste et comme personne. 


–Maya Padlewska (12e année, École secondaire publique De La Salle, Ottawa, Ontario)

Painting of interior with carpet, by Molly Lamb Bobak

L’inspiration

Molly Lamb Bobak, Interior with Moroccan Carpet (Scène intérieure avec tapis marocain), 1991

Huile sur toile, 91 x 122 cm

Collection de la MacKenzie Art Gallery

Painting of table with food and dishes on a colourful tablecloth by Maya Padlewska

L’œuvre d’art de l’élève

Maya Padlewska, Le rassemblement, 2023

Huile sur toile, 61 x 91,4  cm

À propos d’Anne Savage :

Associée au Groupe du Beaver Hall de Montréal et membre fondatrice du Groupe des peintres canadiens, Anne Savage (1896-1971) a composé des peintures de paysages qui révèlent sa vision romantique de l’harmonie entre l’homme et la nature.


À propos de l’inspiration de l’élève :

Anne Douglas Savage a toujours su apprécier la beauté du vivant, et l’harmonie qui se trouve dans la nature, dans ses mouvements et ses repos. Elle fignolait l’atmosphère de ses œuvres, les rendant un peu mystérieuses, comme une histoire aux péripéties indéterminées. Savage parvenait à capturer la mouvance libre et rythmée de l’eau, et c’est sa représentation de cette source de vie qui m’a incitée à explorer la notion du souvenir et de sa restitution. Tout comme elle, j’ai utilisé une palette majoritairement froide, incarnant bien l’idée d’un cliché, d’une photo saisie dans le temps. Dans mon œuvre, on voit mon petit frère en train d’onduler dans l’eau, un moment altéré par des taches de couleurs, comme un souvenir est altéré par mon subconscient. Cette peinture est le reflet de ma gratitude envers un instant éphémère devenu vestige de bonheur.


–Wafa Amrouche (12e année, École secondaire publique De La Salle, Ottawa, Ontario)

Painting of trees along shoreline with hills in background by Anne Savage

L’inspiration

Anne Savage, Lake Wonish (Lac Wonish) v.1931

Huile sur panneau, 40,6 x 45,7 cm

Avec l’aimable autorisation de Mayberry Fine Art

Painting of boy in water holding onto a canoe by Wafa Amrouche

L’œuvre d’art de l’élève

Wafa Amrouche, Au chalet, 2023

Acrylique sur toile, 45,7 x 61 cm

Self-portrait painting of man with red hair wearing shirt and tie by F.H. Varley

L’inspiration

F. H. Varley, Self-portrait (Autoportrait), 1919

Huile sur toile, 60,5 x 51 cm

Achetée en 1936, Collection du Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa (4272)

À propos de F.H. Varley :

Né à Sheffield, en Angleterre, F.  H. (Frederick Horsman) Varley (1881-1969) est l’un des membres fondateurs de l’influent Groupe des Sept de Toronto, au sein duquel il est le seul spécialiste de l’art du portrait.

L’œuvre d’art de l’élève

Aicer Galzote, Kindling Unique Spirit (Un esprit unique en son genre), 2023

Acrylique sur toile, 48,3 x 40,6 cm

À propos de l’inspiration de l’élève :

De l’histoire de l’art canadien à nos jours, j’ai voulu, en tant qu’artiste en devenir, représenter le nouvel âge de l’art pour les Canadien·nes d’aujourd’hui. Avec cette peinture acrylique, j’ai voulu exprimer le feu passionné pour l’art que les artistes du passé, au pays, ont nourri et qui a été transmis à la relève artistique d’aujourd’hui. Ce feu est la vie que nous avons pour faire de l’art, qui a le pouvoir d’allumer une flamme chez les autres pour les inviter à la créativité dans leur expression personnelle. J’ai été inspiré par un autoportrait de Frederick Varley pour sa façon de rendre les propriétés chaotiques, mais organisées, des effets de la lumière sur la surface. Je me suis choisi comme sujet, tenant une bougie allumée, pour représenter ce feu passionné qui anime les gens au pays et que j’ai adopté en arrivant au Canada. J’espère transmettre ce feu pour inspirer d’autres personnes à créer de l’art et à allumer ce feu en elles.


–Aicer Galzote (11e année, Dr. Martin Leboldus High School, Regina, Saskatchewan)

À propos d’Annie Pootoogook :

En 2006, Annie Pootoogook (1969-2016) est devenue la première artiste inuite à remporter le prestigieux Prix Sobey pour les arts. Connue pour ses dessins décrivant des scènes de la vie quotidienne dans le Nord, Annie Pootoogook est incomparable dans sa manière de restituer des expériences personnelles avec grande attention et une honnêteté crue.


À propos de l’inspiration de l’élève :

Dans Composition [Plucking the Grey Hair] (Composition [Épilation des cheveux gris]) d’Annie Pootoogook, un homme est allongé sur les jambes croisées d’une femme qui lui arrache les cheveux gris avec une pince à épiler. Cette œuvre, comme beaucoup d’autres de Pootoogook, saisit des fragments de la vie inuite. Je ressens un lien indéniable avec la tendresse de ce dessin au crayon; la situation est banale, mais l’amour est évident. Ma mère m’a un jour raconté l’histoire de son expérience en tant que nouvelle immigrante canadienne d’origine chinoise. Alors qu’elle nous élevait, mon frère et moi, elle me déposait à la maison et se précipitait avec mon frère à l’entraînement de natation, coupant des brocolis à la piscine pour préparer le dîner. Par ce simple geste, ma mère illustre le dévouement et l’amour qu’elle mettait à nous élever, mon frère et moi. Tout comme Pootoogook montre la tendre banalité de l’épilation des cheveux gris, j’ai voulu mettre en scène la normalité compatissante de ma mère coupant des fleurons de brocoli. 


–Jamie Li (11e année, Pierre Elliott Trudeau High School, Markham, Ontario)

Drawing of a man with head resting on woman's lap by Annie Pootoogook

L’inspiration

Annie Pootoogook, Composition [Plucking the Grey Hair] (Composition [Épilation des cheveux gris]), 2004-2005

Crayon de couleur et encre sur papier, 66,6 x 101,8 cm

Collection de Stephanie Comer et Rob Craigie

Reproduit avec l’aimable autorisation de Dorset Fine Arts

Painting of a woman cutting broccoli with swimming pool behind her.

L’œuvre d’art de l’élève

Jamie Li, Broccoli Florets at Swim Practice (Fleurons de brocoli à l’entraînement de natation), 2023

Acrylique sur toile, 40 x 30 cm

À propos de Lionel LeMoine FitzGerald :

L’artiste manitobain Lionel LeMoine FitzGerald (1890-1956) a été décrit par les critiques comme « l’homme qui regarde par la fenêtre », lui qui produisait de nombreuses vues intérieures et extérieures, illustrant ses méthodes d’observation habiles tout en transmettant un profond sentiment de familiarité et d’appartenance à un lieu.


À propos de l’inspiration de l’élève :

Dozing (Somnoler), une peinture de la vue depuis la fenêtre de ma chambre, traduit un moment de la vie où l’on est à l’arrêt. Il capture l’essence de la morosité et de la somnolence à travers la représentation intime de draps et de rideaux. À travers mes œuvres, j’explore l’atmosphère feutrée et les moments d’introspection qui se produisent dans les espaces privés. Les jeux d’ombre et de lumière créent une ambiance sombre, évoquant un sentiment de rumination, de tranquillité et de léthargie. En me concentrant sur les objets du quotidien ainsi que leur interaction avec la lumière naturelle et l’œil, j’invite le public à réfléchir à la quiétude et aux moments de contemplation qui surviennent entre les murs d’une chambre à coucher. S’assoupir provoque la sensation d’échapper à la réalité et d’être absorbé par ce qui nous entoure. La peinture acrylique et les coups de pinceau apaisants sont manipulés pour représenter la texture des draps et des rideaux. Mon objectif est d’évoquer un sentiment de sérénité, d’introspection et l’équilibre délicat entre la conscience et le sommeil. Somnoler est une représentation de l’état d’esprit paisible.


–Vivian Chui (11e année, The Study, Montréal, Québec)

Painting of an interior with window facing trees and houses

L’inspiration

Lionel LeMoine FitzGerald, From an Upstairs Window, Winter (Vue depuis une fenêtre à l’étage, en hiver), v.1950-1951

Huile sur toile, 61 x 45,7 cm, Achetée en 1951

Collection du Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa (5800)

Painting of a bedroom interior with large window looking out onto trees and houses.

L’œuvre d’art de l’élève

Vivian Chui, Dozing (Somnoler), 2023

Acrylique sur toile, 50,8 x 40,6 cm

Painting of mountains and cloudy sky by J.E.H. MacDonald

L’inspiration

J. E. H. MacDonald, Distant Mountain (Montagne au loin), 1928

Huile sur toile, 54 x 67 cm

Don d’Erika C. Bruce, Ottawa, 2018, à la mémoire de Geoffrey F. Bruce

Collection du Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa (48629)

À propos de J.E.H. MacDonald :

Membre fondateur du Groupe des Sept, J.  E.  H. (James Edward Hervey) MacDonald (1873-1932) a beaucoup voyagé à travers le Canada. Ses voyages estivaux dans les Rocheuses, entre 1924 et 1930, ont inspiré les paysages de montagne qui ont dominé les dernières étapes de sa carrière.

Painting of tipi beside water with mountains in background by Beautiful Crier Roan

L’œuvre d’art de l’élève

Beautiful Crier Roan, The Tipis View (Vue sur les tipis), 2023

Acrylique sur toile, 61 x 76,2 cm

À propos de l’inspiration de l’élève :

 J’ai été inspirée par J. E. H. MacDonald et l’œuvre Distant Mountain (Montagne au loin). J’admire l’œuvre de MacDonald et la façon dont il a parcouru les montagnes Rocheuses pour s’inspirer de la nature et la recréer en la peignant sur place. Toutes ses œuvres paysagistes m’inspirent, car j’aime aussi peindre des paysages et des montagnes. Lorsque j’ai regardé ses œuvres, Montagne au loin m’a frappée parce qu’elle me rappelait la maison de mon grand-père. En grandissant, c’est lui qui m’a incitée à peindre. Il m’a beaucoup appris pendant le peu de temps que j’ai passé avec lui. La toute première peinture que j’ai réalisée était une montagne à l’âge de neuf ans; à la même époque, il m’a initiée à la peinture acrylique et à l’utilisation d’un couteau pour créer la neige au sommet du mont. Cette œuvre, je l’ai réalisée à ma manière et j’y ai ajouté un peu de ma culture, tout en conservant les principaux éléments de l’œuvre originale de MacDonald. Sur le tipi, il y a une marque de main rouge, qui représente les femmes autochtones disparues et assassinées, et le morceau de tissu orange noué autour de l’arbre évoque également les personnes survivantes des pensionnats autochtones. Je voulais attirer l’attention sur des sujets importants et montrer une partie de ma culture. 


–Beautiful Crier Roan (11e année, Kisiko Awasis Learning Society, Maskwasic, Alberta)

À propos de C.D. Hoy

Émigré de la province du Guangdong, en Chine, C. D. (Chow Dong) Hoy (1883-1973) est l’un des premiers photographes canadiens d’origine chinoise reconnus. Ses portraits reflètent les multiples facettes de la communauté diversifiée de Quesnel, en Colombie-Britannique, au tournant du vingtième siècle.


À propos de l’inspiration de l’élève :

Dans les ruelles bondées, mais douillettes de Jiangnan, les voisins sont proches les uns des autres. J’ai vécu dans un quartier de Jiangnan, une ville située dans le sud de la Chine, pendant les vacances d’été de mon enfance. Cette peinture à l’huile intitulée Accompany (Accompagner) est inspirée d’une vieille photo prise par mon père lors de notre séjour. Le garçon et son chien dans l’image étaient nos voisins et nous avions l’habitude de faire du vélo ensemble. J’ai créé cette peinture pour me remémorer l’harmonie dans le voisinage et les joies de mon enfance. J’ai appliqué des touches de tailles différentes pour créer une dynamique, les touches plus fines illustrant le rythme agréable entre les deux sujets, et les touches plus brutales rendant la texture du mur. La comparaison entre les couleurs sombres, très saturées, et le mur blanc fait ressortir les sujets. Les couleurs subtiles animant le mur blanc et chaque objet traduisent la richesse de la vie de quartier. »


–Yitong Wang (11e année, The Study, Montréal, Québec)

Black and white photo by C.D. Hoy of a Chinese lady standing outside a shop.

L’inspiration

C. D. Hoy, Mme Won Gar Wong, 1912

Photographie

Collection des Archives historiques de la Ville de Barkerville (P1978)

Painting by Yitong Wang of a young boy at a table on the sidewalk

L’œuvre d’art de l’élève

Yitong Wang, Accompany (Accompagner), 2023

Huile sur toile, 40,6 x 50,8 cm

À propos de Daphne Odjig

L’artiste anishinaabée Daphne Odjig (1919-2016) met de l’avant les questions politiques autochtones dans l’art et la théorie de l’art contemporain, grâce à ses peintures et à ses gravures au style distinct, caractérisé par des traits incurvés, des contours prononcés ainsi que des couleurs et des formes qui se chevauchent.


À propos de l’inspiration de l’élève :

Cette œuvre reflète l’importance de nourrir l’esprit par la nourriture dans la culture ojibwée. Dans les mains qui tiennent la nourriture se trouvent les trois légumes que sont la courge, les haricots et le maïs. Ces légumes sont importants – par opposition au reste de la nourriture dans les mains – parce qu’ils sont les Trois Sœurs. Les Trois Sœurs, qui représentent l’harmonie et la coopération, poussent exceptionnellement bien lorsqu’elles sont plantées ensemble. Les Trois Sœurs occupent une place importante dans le régime alimentaire de nombreuses nations autochtones de l’île de la Tortue. À l’arrière-plan, on peut voir les quatre couleurs de la roue de médecine. Ces quatre couleurs, à savoir le blanc, le jaune, le rouge et le noir, représentent respectivement les états spirituel, émotionnel, mental et physique de l’être, qui sont tous nourris par les aliments. Les illustrations à l’intérieur des quatre plages colorées s’inspirent du style artistique Woodland de Daphne Odjig. Dans l’ensemble, cette œuvre célèbre et souligne les liens entre la terre, la nourriture et leur rôle harmonieux dans l’alimentation de l’esprit. 


–Shaylah Shawongonabe (10e année, Sudbury Secondary School, Grand Sudbury, Ontario)

Serigraph of abstract figures by Daphne Odjig

L’inspiration

Daphne Odjig, Husking Corn [from the Childhood Remembrances Suite] (Égrener le maïs [extrait de la série Souvenirs d’enfance]), 1981

Sérigraphie sur papier chiffon Arches, 18/125, 63,5 x 55,5 cm

Collection de Art Windsor Essex

Mixed media art on paper of food held out by two hands.

L’œuvre d’art de l’élève

Shaylah Shawongonabe, Miijim, 2023

Acrylique, aquarelle, crayons de couleur et encre, 30,5 x 22,9 cm

Painting of a woman with short hair sitting

L’inspiration

F. H. Varley, Vera, v.1929

Huile sur toile, 81,8 x 66,7 cm

Achetée en 1930

Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa (3712)

À propos de F.H. Varley :

F.  H. Varley (1881-1969) a réalisé un certain nombre de portraits de sa muse, Vera (Olivia) Weatherbie (1909-1977), qui était également une artiste à part entière.

Digital illustration of a black girl head and shoulders looking at viewer

L’œuvre d’art de l’élève

Naomi van de Hoef, Regard perçant, 2023

Illustration numérique, 2700 x 2100 px

À propos de l’inspiration de l’élève :

Frederick Varley était un peintre connu pour ses peintures de paysage, mais il a aussi complété de nombreux portraits. Celui-ci en particulier, intitulé Vera, m’a interpellée grâce à son emploi de la couleur. Les verts, les bleus, les jaunes et les roses sont éparpillés un peu partout sur le sujet. Ce sont des couleurs que certains portraitistes n’accentuent pas, mais que Varley a bien voulu renforcer. En plus, l’œuvre a un côté impressionniste dans la façon dont le trait est mis en évidence. Tout cela, j’ai voulu le faire ressortir à travers ma propre œuvre. Mon illustration numérique représente une femme regardant le spectateur du coin de l’œil. Que pense-t-elle? Ses pensées la contournent en traits et en couleurs, qui dansent, se mélangent et se fondent ensemble. Finalement, à défaut de les déchiffrer, on se retrouve fixé·es par son regard perçant.


–Naomi van de Hoef (12e année, École publique secondaire De La Salle, Ottawa, Ontario)

À propos de Joyce Wieland :

En posant un regard critique sur les questions liées à l’environnement, à la guerre, au nationalisme et aux droits des femmes à travers un certain nombre de moyens d’expression, notamment la peinture et le cinéma expérimental, Joyce Wieland (1930-1998) demeure une figure influente dans le paysage de l’art contemporain canadien.


À propos de l’inspiration de l’élève :

En m’inspirant des films muets d’époque, j’ai créé un scénarimage des émotions pour illustrer la perte du langage offert par les expressions faciales lors de l’apparition de la Covid-19. La pandémie a eu un impact incroyable sur la façon dont on communique avec les autres en société, en s’appuyant uniquement sur les mots plutôt que sur les expressions du visage. À l’inverse, les films muets s’appuient sur l’expression faciale pour transmettre leur message. Ce renversement de situation m’a amené à créer une déclaration historique et intemporelle, à l’instar de l’artiste canadienne Joyce Wieland, dans sa lithographie Ô Canada de 1970. Mon œuvre se déroule comme une pellicule de film géante, chaque diapositive me représentant masquée, tenant une pancarte avec une bouche découpée exprimant une émotion différente. Entre chaque photo, des sous-titres aident le public à comprendre les émotions que j’ai essayé d’exprimer. Inspirée par les images de Wieland créées par son “art de la bouche”, j’ai cherché à rendre le concept d’un message silencieux, mais universel. 


–Tatyanna Wilke (12e année, Arts Umbrella, Vancouver, Colombie-Britannique)

Lithograph of lipstick impressions on paper by Joyce Wieland

L’inspiration

Joyce Wieland, Ô Canada, 4-16 décembre 1970

Lithographie en rouge sur papier vélin, 57,4 x 76,4 cm

Achetée en 1971

Collection du Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa (16901)

Black and white film strip of masked girl showing photos of her mouth

L’œuvre d’art de l’élève

Tatyanna Wilke, I’m happy to see you! (Je suis heureuse de vous voir!), détail, 2023

Photographie, bobine de bois, ferrures en acier et en fer, 2,54 x 38,1  cm

À propos d’Alex Colville :

Alex Colville (1920-2013), artiste chéri des Maritimes, est célèbre pour son style pictural emblématique marqué par des surfaces peintes unifiées et des compositions soigneusement organisées, qui communiquent le symbolisme de rencontres banales.


À propos de l’inspiration de l’élève :

Dans les œuvres d’Alex Colville, l’élément principal qui m’a toujours frappée est le sentiment manifeste de malaise et d’anxiété subtile qu’il est capable d’insuffler dans chaque composition, malgré des sujets par ailleurs banals. À mon avis, c’est ce qui rend ce peintre si particulier et c’est la raison pour laquelle ses œuvres restent dans nos esprits longtemps après les avoir vues. Les vestiaires de piscine sont naturellement des espaces inconfortables, à la fois par leur saleté, leurs bancs durs et la vulnérabilité inhérente à leur fonction. Ayant grandi en fréquentant régulièrement les piscines publiques, le malaise subtil, mais distinct qui règne dans les vestiaires, surtout lorsque l’on est jeune, a depuis longtemps captivé mon imagination. En m’inspirant du style de composition de Colville, avec une figure qui regarde au loin et l’autre qui se retourne vers le spectateur, j’ai voulu aborder l’embarras intemporel, la liminarité et surtout le malaise de l’expérience adolescente.


–Sophia De Graaf (12e année, Glenforest Secondary School, Mississauga, Ontario)

Painting of a man in a boat with a woman standing in water

L’inspiration

Alex Colville, Woman, Man, and Boat (Femme, homme et bateau), 1952

Tempera avec glacis sur Masonite, 32,3 x 51,3 cm

Achetée en 1954

Collection du Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa (6258)

Painting of two girls in a pool change room

L’œuvre d’art de l’élève

Sophia De Graaf, Two figures in a pool change room (Deux personnages dans un vestiaire de piscine), 2023

Acrylique sur panneau d’affichage, 38,1 x 53,3 cm

Painting of a woman in a 1930's bathing suit

L’inspiration

Prudence Heward, The Bather (Femme au bord de la mer), 1930

Huile sur toile, 162,1 x 106,3 cm

Collection de la Art Gallery of Windsor

À propos de Prudence Heward :

Dépeignant son sujet féminin avec une honnêteté sans fard, The Bather (Femme au bord de la mer), 1930, est le tableau le plus controversé dans la carrière de Prudence Heward (1896-1947) et un jalon marquant dans l’histoire de l’art canadien.

Drawing of a statue of Aphrodite with a measuring tape and gold coins in the background

L’œuvre d’art de l’élève

Phung Duc Anne, Beauté moderne, 2023

Crayon de plomb et marqueur sur papier, 21,7 x 28 cm

À propos de l’inspiration de l’élève :

La peinture The Bather (Femme au bord de la mer) de Prudence Heward a souvent été critiquée pour la représentation du corps de la femme. Pour ma part, j’ai remarqué que le corps, bien que dépeint avec « des traits grossiers », ressemblait à celui d’Aphrodite. Mon interprétation est purement ironique : la déesse de la beauté, dans une position vulnérable et repliée sur elle-même, semble complexée par son propre corps. Pourquoi chercher à altérer l’apparence de l’emblème de la beauté? Je voulais dénoncer dans cette œuvre la façon dont les corps, en particulier ceux des femmes, sont devenus « accessoires » de mode, fluctuant sans cesse. Le standard de beauté est un jeu où certaines caractéristiques sont choisies pour être mises en avant, un jeu que seuls les compagnies et les réseaux sociaux jouent pour se faire des profits en exploitant les insécurités des autres.


–Phung Duc Anne (10e année, Collège Jean-de-Brébeuf, Montréal, Québec)

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