Femmes vidant du poisson, v.1927

Tableau représentant des femmes au bord d'un plan d'eau, penchées au-dessus de l'eau, en train de nettoyer du poisson à l'aide de couteaux.

Pegi Nicol MacLeod, Women Cleaning Fish (Femmes vidant du poisson), v.1927, huile sur toile, 72 x 79,5 cm, Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa

En 1928, Pegi Nicol MacLeod se rend en Colombie-Britannique grâce au soutien de l’ethnologue Marius Barbeau; un an plus tôt, celui-ci a également permis aux artistes Anne Savage (1896-1971) et Florence Wyle (1881-1968) de voyager dans cette région. C’est peut-être au cours de ce voyage le long de la rivière Skeena que MacLeod peint Femmes vidant du poisson. Bien que l’œuvre soit actuellement datée de v.1927, l’année exacte de sa création demeure incertaine en raison du caractère incomplet de la documentation relative aux voyages de MacLeod dans l’Ouest.


Se distinguant de manière significative du travail de ses pairs, qui privilégient souvent des scènes de villages autochtones observées de points de vue éloignés, cette composition est étroitement cadrée et se concentre sur les trois femmes au premier plan, absorbées par la tâche laborieuse consistant à nettoyer et à fileter du poisson au bord de la rivière. Sur le plan esthétique, le tableau met de l’avant les distorsions d’échelle et de proportion qui allaient devenir les traits caractéristiques du style de MacLeod à maturité.

Tableau représentant une femme âgée

Pegi Nicol MacLeod, Bianinetnan, Aged Indian Woman of Hagwelget Canyon (Bianinetnan, femme indienne âgée du Canyon de Hagwelget), v.1928, huile sur panneau, 61 x 61 cm, collection de Tim Godfrey, Calgary.

Peinture abstraite représentant une rivière bordée de hautes falaises de chaque côté, dans des tons de vert et de bleu

Pegi Nicol MacLeod, Skeena Landscape (Paysage de la Skeena), v.1928, huile sur panneau, 53,7 x 56,5 cm, collection privée.

Alors que nombre de ses contemporaines, telles qu’Emily Carr (1871–1945) et Anne Savage, peignent des scènes de « genre villageois » et mettent l’accent sur l’architecture et les objets plutôt que sur les personnes, l’approche de MacLeod présente les femmes autochtones comme des participantes actives de leur monde contemporain plutôt que comme des vestiges d’un passé en voie de disparition. Bien que ses peintures de cette période reflètent son engagement profond envers ses sujets, elles incarnent également les tensions inhérentes aux représentations coloniales de la vie autochtone. Cette approche est particulièrement évidente dans l’œuvre Bianinetnan, Aged Indian Woman of Hagwelget Canyon (Bianinetnan, femme indienne âgée du Canyon de Hagwelget), v.1928, où le paysage environnant fait écho aux traits du sujet, établissant un parallèle visuel entre la femme et les montagnes anciennes et escarpées. Les rides profondes du visage de la femme se répètent dans les contours du paysage, soulignant à la fois son individualité et son lien avec son environnement. La composition renforce également un autre trope courant dans l’art des colons : l’idée que les peuples autochtones sont inextricablement liés à la terre, leur identité étant façonnée par le monde naturel et en étant le reflet.


Bianinetnan suggère une relation intime entre le personnage et le décor. Plutôt que d’établir une relation vivante entre le modèle et son environnement, le paysage sert de toile de fond emblématique qui amplifie sa présence symbolique. Même si l’approche de MacLeod témoigne d’une maîtrise technique et d’une stylisation imaginative, elle reflète toutefois, également, les récits coloniaux de l’époque, présentant les peuples autochtones comme des symboles du passé plutôt que comme des membres des sociétés contemporaines en pleine évolution.

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