Jeune fille à la fenêtre, v.1941

Pegi Nicol MacLeod, Young Girl at the Window (Jeune fille à la fenêtre), v.1941, huile sur toile, 80,7 x 68,5 cm, Collection McMichael d’art canadien, Kleinburg, Ontario.
Contrairement à l’énergie frénétique qui caractérise bon nombre de ses œuvres new-yorkaises, Jeune fille à la fenêtre capture un moment plus contemplatif. Le tableau concentre plusieurs thèmes récurrents chez MacLeod – sa fille Jane, qui lui sert de muse, le motif de la fenêtre, et la frontière floue entre l’intérieur domestique et l’extérieur urbain – en une composition unique qui mêle l’intimité maternelle et l’abstraction moderniste. Ce faisant, l’œuvre s’impose comme une synthèse formelle de certains de ses thèmes artistiques centraux : l’intimité de la maternité, la perspective spatiale dynamique de ses scènes de rue new-yorkaises et l’utilisation d’un langage visuel moderniste pour animer son œuvre.
Au premier plan du tableau, une jeune fille, probablement Jane, se tient de dos à la personne spectatrice. Ses cheveux blonds font écho aux coups de pinceau tourbillonnants qui animent toute la scène. Elle se penche par-dessus le rebord d’une fenêtre ornée de plantes en pot, scrutant la rue en contrebas. De l’autre côté de cet étroit espace, un immeuble d’habitation en briques rouges s’élève vers le ciel, animé par de nombreuses fenêtres, chacune laissant entrevoir les personnes à l’intérieur.

Pegi, Jane, Louise Comfort et sa fille, ainsi que René Cera à Toronto, juin 1938, photographie par Charles Comfort, Fonds Charles Comfort, Bibliothèque et Archives Canada, Ottawa.

Pegi Nicol MacLeod, Jane MacLeod, 1940, huile sur Masonite, 49,5 x 39,3 cm, Bibliothèque et Archives Canada, Ottawa.
Peu après leur mariage en 1936, Pegi et Norman MacLeod s’installent à New York, et la vie urbaine trépidante de la ville devient l’un de ses sujets les plus récurrents. La ville animée et sa fille, Jane, sont pour MacLeod des sources d’inspiration inépuisables. Comme l’a observé le critique et conservateur Donald Buchanan : « Elle s’efforçait de transposer sur la toile et le papier tous les aspects de l’agitation chaotique qui s’offrait à ses yeux depuis ses fenêtres de la 88e rue; elle ne voulait rien omettre. De ce fait, dans bon nombre de ces tableaux, la surface regorge de figures en mouvement, elle est remplie de lignes et de formes tantôt sinueuses et gracieuses, tantôt vacillantes et erratiques ».
En opposant l’observation tranquille de sa fille au bruit visuel de la vie urbaine, MacLeod cristallise sa fascination pour l’acte de voir lui-même. Les lignes dynamiques et les tons chauds de l’œuvre évoquent l’énergie à la fois chaotique et intime de New York, où les espaces privés et publics s’estompent dans un monde dense et interconnecté. Contrairement à ses toiles plus chargées de la série Manhattan Cycle (Cycle de Manhattan), Jeune fille à la fenêtre isole un instant unique d’observation, offrant un équilibre entre l’intimité du foyer et l’énergie intense de la ville au-delà.
Galerie

Pegi Nicol MacLeod, Women Cleaning Fish (Femmes vidant du poisson), v.1927

Pegi Nicol MacLeod, Self-Portrait (Autoportrait), v.1928

Pegi Nicol MacLeod, The Log Run (Le flottage du bois), v.1930

Pegi Nicol MacLeod, Montreal Harbour from St. Helen’s Island (Le port de Montréal vu de l’île Sainte-Hélène), 1933

Pegi Nicol MacLeod, School in a Garden (École dans un jardin), v.1934

Pegi Nicol MacLeod, A Descent of Lilies (La descente de lis), 1935

Pegi Nicol MacLeod, Cold Window (Fenêtre froide), 1937

Pegi Nicol MacLeod, Torso and Plants (Torse et plantes), v.1935

Pegi Nicol MacLeod, Children in Pliofilm (Enfants sous Pliofilm), 1939

Pegi Nicol MacLeod, Young Girl at the Window (Jeune fille à la fenêtre), v.1941

Pegi Nicol MacLeod, CWAC Beauty Parlour #1 (Le salon de beauté no 1 du CWAC), 1944

Pegi Nicol MacLeod, Jump Rope (La corde à sauter), v.1945

Pegi Nicol MacLeod, When Johnnie Comes Marching Home (Quand Johnnie rentre à la maison), v.1946