La descente de lis, 1935

Tableau représentant une femme torse nu, vêtue d'une jupe longue, tournant le dos à l'artiste, entourée de fleurs et de mains tenant des fleurs

Pegi Nicol MacLeod, A Descent of Lilies (La descente de lis), 1935, huile sur toile, 122 x 91,6 cm, Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa.

Décrite par la conservatrice Sarah Milroy comme « une œuvre extraordinaire sans précédent dans l’art canadien », La descente de lis est une vision fantastique mêlant personnages, fleurs et animaux. Il s’agit de l’une des œuvres les plus ambitieuses de MacLeod, qui synthétise ses intérêts pour l’autoportrait, le nu, la nature morte et l’expérimentation moderniste, tout en reflétant son engagement vis-à-vis des développements internationaux de l’art moderne.

Tableau représentant une femme nue debout, chaussée de talons verts, posant devant une chaise rose pâle et un tableau posé sur un chevalet.

Lilias Torrance Newton, Nude in the Studio (Nu dans l’atelier), 1933, huile sur toile, 20,3 x 91,5 cm, collection de A. K. Prakash.

Sur cette grande toile, le corps partiellement nu de MacLeod, drapé d’un tissu rose vif, apparaît au centre et se reflète deux fois au milieu de l’assemblage de lis. Une grande main aux ongles peints en rouge se fond presque imperceptiblement dans les fleurs environnantes, tandis que dans le coin inférieur gauche, deux personnages à cheval émergent, leurs visages réduits à des blocs de couleur et à des taches de peinture, tandis que les chevaux qu’ils montent se fondent dans le décor.


Le style de MacLeod s’exprime le plus clairement dans les formes libres, presque abstraites, des fleurs. Son utilisation de la couleur crée une impression de fluidité, où nuages, fleurs, personnages, chevaux, mains et tissu semblent surgir les uns des autres et se fondre les uns dans les autres, conférant à la composition un caractère onirique. En plaçant son propre corps au centre de la toile et en dirigeant son regard vers l’extérieur, MacLeod affirme une présence délibérée au sein de cette scène par ailleurs surréaliste.


Ce tableau fait partie d’une douzaine d’autoportraits intimes réalisés par MacLeod entre 1925 et 1939. À l’époque, elle s’inspire des explorations européennes du surréalisme et de la psychanalyse et, à l’instar de la peintre française Suzanne Valadon (1865-1938), elle remet en question l’érotisme du nu conventionnel de l’art majeur. L’œuvre est également profondément autoréflexive.


Dans le coin inférieur droit, MacLeod représente sa main saisissant un pinceau qui est à la fois un outil et une fleur, une reconnaissance subtile du travail que représente la création artistique et une affirmation de sa propre autorité au sein d’un genre qui objective souvent les femmes. Les lignes fluides de peinture sur la toile soulignent ce processus, en enregistrant la trace de son geste. Son ami et critique Graham McInnes, écrivant pour le Canadian Forum, a négligé toute signification plus profonde du tableau pour affirmer que celui-ci « s’inscrit dans la continuité de l’agencement décoratif des formes et des relations chromatiques » caractéristiques de son œuvre.


MacLeod considère manifestement Une descente de lis comme une œuvre majeure, puisqu’elle l’avait évaluée à 300 dollars – son prix alors le plus élevé – lors de son exposition à Toronto en 1935. Bien qu’elle ait d’abord été proposée à son mécène Vincent Massey (qui possédait également le célèbre Nude in the Studio (Nu dans l’atelier), 1933, de Lilias Torrance Newton [1896-1980]), le tableau a finalement été acquis par l’architecte Humphrey Carver avant d’être acheté par T. E. Nichols, éditeur du Hamilton Spectator. Aujourd’hui, cette œuvre reste un monument du modernisme canadien : un autoportrait audacieux qui allie sensualité, processus artistique et imagination visionnaire.

Galerie

La descente de lis - Art Canada