Fenêtre froide, 1937

Tableau représentant une fenêtre donnant sur un paysage aux couleurs douces, avec au premier plan un vase rempli de fleurs fraîches aux couleurs vives

Pegi Nicol MacLeod, Cold Window (Fenêtre froide), 1937, huile sur toile, 122,3 x 69,2 cm, Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa.

Fenêtre froide introduit un procédé compositionnel auquel MacLeod reviendra tout au long de sa carrière : une nature morte florale placée devant une fenêtre, qui fait ici office de seuil entre l’intérieur et l’extérieur, la chaleur et le froid, la vitalité et l’immobilité – un motif qu’elle développera plus tard dans ses peintures représentant son appartement de New York. Réalisée pendant une période de profonde tension personnelle – la même année, MacLeod a subi un avortement – cette œuvre marque un changement notable dans son utilisation de la fenêtre ouverte comme élément pictural chargé de sens. Comme l’a noté l’historienne de l’art Laura Brandon, les peintures de MacLeod de cette période abordent souvent les thèmes de la vie et de la mort.

Cette exploration de l’espace intérieur et extérieur relie Fenêtre froide à son œuvre antérieure Narcissus (Narcisses), 1931, dont la perspective irrégulière et les couleurs audacieuses rappellent Paul Cézanne (1839-1906), tout en préfigurant les nombreuses vues depuis la fenêtre qu’elle peint durant ses années new-yorkaises. Bien qu’on ignore si MacLeod connaissait le motif récurrent de la fenêtre ouverte dans l’œuvre d’Henri Matisse (1869-1954), la comparaison est éclairante. Alors que Matisse utilise ce procédé pour expérimenter la perspective, MacLeod semble s’en servir comme d’une méditation sur le passage du temps.

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Fenêtre froide - Art Canada