Dana Claxton, Headdress – Shadae and her Girlz (Coiffe – Shadae et ses filles), 2023

Dana Claxton, Headdress – Shadae and Her Girlz (Coiffe – Shadae et ses filles), 2023, boîte lumineuse à DEL avec transparence chromogène contrecollée, 187,9 x 203,2 x 12,7 cm.
Coiffe – Shadae et ses filles, de la cinéaste, photographe et artiste de performance lakota Dana Claxton (née en 1959), présente trois silhouettes, une mère et ses deux filles, vêtues d’atours élaborés et colorés. Leurs jupes à rubans, vêtement cérémoniel et marque de fierté quotidienne en pleine résurgence, signalent la continuité d’une lignée féminine autochtone, ancrant les figures dans le présent vivant de leurs communautés. Claxton traduit ici la continuité par la densité de l’ornementation : chaque médaillon, chaque frange et chaque tressage de cèdre reflète le travail des artisans et les relations qui unissent les générations, les familles et les lieux. Chaque coiffe n’est pas une couronne isolée, mais s’inscrit dans un réseau d’appartenance plus vaste.

Vue de l’installation de la série Headdress de Dana Claxton à la Biennale d’art de Toronto, 2019, photographie de Toni Hafkenscheid.
La décision de Claxton de superposer des éléments intertribaux, tels que des casquettes de baseball associées au hip-hop et des chapeaux western perchés sur des médaillons perlés, aux côtés d’éventails de pow-wow et de peyotl, vient perturber les catégories rigides autrefois utilisées par les musées ethnographiques pour définir les cultures autochtones. L’image insiste sur la mobilité, le goût et l’invention de soi : les objets circulent au sein des familles et à travers les territoires, le savoir voyage avec les personnes, et la parure se compose plutôt qu’elle ne se fige. Comme le note Claxton dans le texte d’accompagnement de sa série Coiffe, les œuvres présentent les personnes et les objets comme des « vecteurs culturels », expressions vivantes de l’identité et du récit.
Visuellement, Coiffe – Shadae et ses filles est une œuvre aussi stratégique que somptueuse. Le fond neutre rehausse les couleurs vives du tissu et des perles de verre; l’éclairage confère une présence tactile à chaque surface, du travail des piquants de porc-épic et de la peau de daim aux paillettes et au nylon. Cette abondance maîtrisée fait contrepoids aux récits de rareté qui ont longtemps pesé sur la représentation autochtone. En même temps, les visages voilés mettent en œuvre une politique du refus : en soustrayant les sujets à une visibilité complète, les modèles résistent au regard contrôlant de l’appareil photo et, par extension, de l’archive. Le public est invité à participer selon des protocoles d’attention : à s’attarder aux motifs, au savoir-faire et au travail plutôt qu’à travers l’identification ou le voyeurisme.
Avec cette image, Claxton prolonge son exploration de longue date de la représentation autochtone en utilisant la grammaire visuelle du présentoir de produits — la boîte lumineuse — pour mettre en scène un contre-spectacle de parenté, de plénitude culturelle et de survivance. La boîte lumineuse à DEL, format emblématique de sa pratique, emprunte l’attrait de la publicité tout en rejetant sa logique de consommation. Plutôt que de vendre un produit, son éclat amplifie la présence vivante des objets culturels, tandis que les modèles demeurent partiellement anonymes.
Installée dans les musées et les salons d’art, Coiffe – Shadae et ses filles crée un espace relationnel chargé : une image qui brille comme une publicité, mais relève de la cérémonie, où la lumière honore la relation entre les personnes, les ancêtres et la communauté. Dans cette œuvre, Claxton offre une leçon lumineuse de souveraineté visuelle : le droit d’affirmer visuellement son identité autochtone, dans la beauté et selon ses propres termes, tout en faisant de l’exposition elle-même un geste de bienveillance envers nos proches d'hier et de demain.
Collection d’une nouvelle génération de témoins

Sonny Assu, Leila’s Desk (Le pupitre de Leila), 2013

Michael Barber, A Silent Sky (Un ciel silencieux), 2022

Christi Belcourt, Giniigaaniimenaaning (Looking Ahead) [Giniigaaniimenaaning (Regard vers l’avenir)], 2012

Rebecca Belmore, Apparition, 2013

Rain Cabana-Boucher, Laying Flowers (Déposer des fleurs), 2021-2024

Quill Christie-Peters, Portrait of Ste. Margaret’s Residential School and All It Could Not Contain (Portrait du pensionnat Ste. Margaret et de tout ce qu’il n’a pu contenir), 2018

Dana Claxton, Headdress – Shadae and Her Girlz (Coiffe – Shadae et ses filles), 2023

Beau Dick, The Ghost Confined to the Chair (Le fantôme confiné à la chaise), 2012

Oakley Rain Wysote Gray, Bleeding Heart Cape – M’st No’gmaq (All My Relations) [Cape Cœur saignant – M’st No’gmaq (Toutes mes relations)], 2021

7IDANsuu James Hart, Reconciliation Pole: Honouring a Time Before, During and After Canada’s Indian Residential Schools (Mât de la réconciliation : hommage à une époque avant, pendant et après les pensionnats autochtones du Canada), 2015-2017

Emma Hassencahl-Perley, White Flag (Drapeau blanc), 2015

Brent Henry, English Only! (En anglais seulement!), 2021

Shawn Hunt, Flipping the Bird (Faire un doigt d’honneur/Inverser l’oiseau), 2014

Lisa Jackson, Savage (Sauvage), 2009

Ursula Johnson, ITHA: The Livingroom (ITHA : le salon), 2021

Siassie Kenneally, All the Things That I Have Seen (Toutes les choses que j’ai vues), 2016

Jake Kimble, It’s All So Incredibly Loud (Tout est si incroyablement bruyant), 2025

Duane Linklater, i want to forget the english language, ulterior (je veux oublier la langue anglaise, ultérieur), 2020/23

Luke Marston, Bentwood Box (Boîte en bois cintré), 2009

Jim Logan, National Pastimes (Passe-temps nationaux), 1991

Kevin McKenzie, Being Indigenous (Être autochtone), 2024

Meryl McMaster, Truth to Power (Dire la vérité au pouvoir), 2017

Kent Monkman, The Scream (Le cri), 2017

Caroline Monnet, The Black Case (La mallette noire), 2014

Tim Moore, Erasure is Futile (L’effacement est inutile), 2021

Peter Morin, This is what happens when you perform the memory of the land (parts 1 and 2) [Voici ce qui se passe lorsqu’on active la mémoire de la terre (parties 1 et 2)], 2013

Saige “Nalakwsis” Mukash, 415 Braids (415 tresses), 2021


Carey Newman, Witness Blanket (La Couverture des témoins), 2013-2014

Davidee Ningeok, Sr., Residential School Nightmare (Cauchemar de pensionnat autochtone), 2015

Shelley Niro, The Shirt (Le chandail), 2003

Luke Parnell, Neon Reconciliation Explosion (Explosion de la réconciliation au néon), 2020

Dionne Paul, Her First Day of School [Son premier jour d’école (à elle)], 2013

Edward Poitras, Don’t Speak (Ne parle pas), 2015

Barry Pottle, Yale Dormitory (Residential School), North West River, Labrador [Dortoir Yale (pensionnat), North West River, Labrador], 2015

Teharihulen Michel Savard, Reciprocity (Réciprocité), 2009

Jason Sikoak, Sacrilege (Sacrilège), 2015

Greg Staats, Do’-gah – I don’t know [shrugging shoulders] [Do’-gah – je ne sais pas (haussement d’épaules)], 2020

Alan Syliboy, Grandmother 1 (Grand-mère 1), 1997

Jeff Thomas, Broken Treaties, 1613– (Traités rompus, 1613–), 2020

Jesse Tungilik, The Spirit of Intergenerational Trauma (L’esprit du traumatisme intergénérationnel), 2019

Tania Willard, Be a Good Girl (Sois une bonne fille), 2007