Luke Marston, Bentwood Box (Boîte en bois cintré), 2009

A decorated wooden box with faces carved on the sides.

Luke Marston, Bentwood Box (Boîte en bois cintré), 2009, coque en bois (cèdre rouge), 67,3 x 96,5 x 50,8 cm, Centre national pour la vérité et la réconciliation (CNVR), Université du Manitoba, Winnipeg.

Boîte en bois cintré, du sculpteur salish de la côte Luke Marston (né en 1976), est devenu l’une des œuvres les plus importantes de l’art autochtone contemporain au Canada, portant une charge à la fois cérémonielle et politique. Commandé par la Commission de vérité et réconciliation du Canada (CVR), le coffre a été conçu comme un réceptacle destiné aux objets sacrés, aux documents et aux témoignages recueillis pendant le mandat de la Commission, de 2008 à 2015. À la fois objet et processus, il incarne la souveraineté autochtone, la mémoire communautaire et l’exigence que les histoires de violence coloniale soient reconnues et portées vers l’avenir de façon responsable.


Sur le plan formel, l’œuvre s’enracine dans la tradition salish de la côte des coffres en bois plié, une pratique qui consiste à étuver et à plier une seule planche de cèdre pour en faire un contenant destiné au rangement, aux cérémonies et aux échanges. La version de Marston élargit cette tradition au domaine du témoignage national. Le coffre est orné de figures profondément sculptées et peintes, son panneau frontal étant dominé par un visage en larmes dont les pleurs descendent comme des rivières sur la surface. Flanquée de mains levées, la composition signale à la fois le deuil et la prière, une reconnaissance de la douleur des pensionnats et un appel à la guérison. Sur les côtés, d’autres formes, dont des visages stylisés et des motifs emblématiques, situent le coffre au sein des cosmologies et des langages visuels autochtones, alors même qu’il interagit avec la sphère politique contemporaine.

La puissance du coffre réside dans sa double fonction d’art et de cérémonie. Ce n’est pas un monument statique, mais un vaisseau mobile, qui a voyagé à travers le pays pour chacun des événements de la CVR. Ses surfaces s’expriment par les lignes de contour prononcées de la côte du Nord-Ouest et l’iconographie salish, tandis que son intérieur abrite les voix des communautés. À la fois contenant et témoin, Boîte en bois cintré est devenu une icône centrale du discours sur la réconciliation : il exige que l’histoire soit portée, rappelée et vécue. Entre les mains de Marston, le coffre en bois plié dépasse l’artisanat. C’est une forme autochtone transfigurée en témoignage national, une archive vivante de traumatisme et de survie, et un appel à la responsabilité qui demeure aussi urgent aujourd’hui qu’au moment où la Commission a placé sa confiance entre ses parois sculptées.

Collection d’une nouvelle génération de témoins

Sonny Assu, Leila’s Desk (Le pupitre de Leila), 2013

Michael Barber, A Silent Sky (Un ciel silencieux), 2022

Christi Belcourt, Giniigaaniimenaaning (Looking Ahead) [Giniigaaniimenaaning (Regard vers l’avenir)], 2012

Rebecca Belmore, Apparition, 2013

Rain Cabana-Boucher, Laying Flowers (Déposer des fleurs), 2021-2024

Quill Christie-Peters, Portrait of Ste. Margaret’s Residential School and All It Could Not Contain (Portrait du pensionnat Ste. Margaret et de tout ce qu’il n’a pu contenir), 2018

Dana Claxton, Headdress – Shadae and Her Girlz (Coiffe – Shadae et ses filles), 2023

Beau Dick, The Ghost Confined to the Chair (Le fantôme confiné à la chaise), 2012

Oakley Rain Wysote Gray, Bleeding Heart Cape – M’st No’gmaq (All My Relations) [Cape Cœur saignant – M’st No’gmaq (Toutes mes relations)], 2021

7IDANsuu James Hart, Reconciliation Pole: Honouring a Time Before, During and After Canada’s Indian Residential Schools (Mât de la réconciliation : hommage à une époque avant, pendant et après les pensionnats autochtones du Canada), 2015-2017

Emma Hassencahl-Perley, White Flag (Drapeau blanc), 2015

Brent Henry, English Only! (En anglais seulement!), 2021

Shawn Hunt, Flipping the Bird (Faire un doigt d’honneur/Inverser l’oiseau), 2014

Lisa Jackson, Savage (Sauvage), 2009

Ursula Johnson, ITHA: The Livingroom (ITHA : le salon), 2021

Siassie Kenneally, All the Things That I Have Seen (Toutes les choses que j’ai vues), 2016

Jake Kimble, It’s All So Incredibly Loud (Tout est si incroyablement bruyant), 2025

Duane Linklater, i want to forget the english language, ulterior (je veux oublier la langue anglaise, ultérieur), 2020/23

Luke Marston, Bentwood Box (Boîte en bois cintré), 2009

Jim Logan, National Pastimes (Passe-temps nationaux), 1991

Kevin McKenzie, Being Indigenous (Être autochtone), 2024

Meryl McMaster, Truth to Power (Dire la vérité au pouvoir), 2017

Kent Monkman, The Scream (Le cri), 2017

Caroline Monnet, The Black Case (La mallette noire), 2014

Tim Moore, Erasure is Futile (L’effacement est inutile), 2021

Peter Morin, This is what happens when you perform the memory of the land (parts 1 and 2) [Voici ce qui se passe lorsqu’on active la mémoire de la terre (parties 1 et 2)], 2013

Saige “Nalakwsis” Mukash, 415 Braids (415 tresses), 2021

Carey Newman, Witness Blanket (La Couverture des témoins), 2013-2014

Davidee Ningeok, Sr., Residential School Nightmare (Cauchemar de pensionnat autochtone), 2015

Shelley Niro, The Shirt (Le chandail), 2003

Luke Parnell, Neon Reconciliation Explosion (Explosion de la réconciliation au néon), 2020

Dionne Paul, Her First Day of School [Son premier jour d’école (à elle)], 2013

Edward Poitras, Don’t Speak (Ne parle pas), 2015

Barry Pottle, Yale Dormitory (Residential School), North West River, Labrador [Dortoir Yale (pensionnat), North West River, Labrador], 2015

Teharihulen Michel Savard, Reciprocity (Réciprocité), 2009

Jason Sikoak, Sacrilege (Sacrilège), 2015

Greg Staats, Do’-gah – I don’t know [shrugging shoulders] [Do’-gah – je ne sais pas (haussement d’épaules)], 2020

Alan Syliboy, Grandmother 1 (Grand-mère 1), 1997

Jeff Thomas, Broken Treaties, 1613– (Traités rompus, 1613–), 2020

Jesse Tungilik, The Spirit of Intergenerational Trauma (L’esprit du traumatisme intergénérationnel), 2019

Tania Willard, Be a Good Girl (Sois une bonne fille), 2007

Luke Marston, Bentwood Box (Boîte en bois cintré), 2009 - Art Canada