Luke Parnell, Neon Reconciliation Explosion (Explosion néon de la réconciliation), 2020

A housefront structure painted in acrylic on birch plywood, pine, and presswood, fifty-five contributors transformed it into a neon-painted butterfly where each panel embodies a personal interpretation of reconciliation. 

Luke Parnell, Neon Reconciliation Explosion (Explosion de la réconciliation au néon), 2020, acrylique sur contreplaqué de bouleau, pin, bois aggloméré, 220 x 310 cm, collection de Jennifer Thompson et Kurt Wipp.

Explosion néon de la réconciliation, de l’artiste haïda et nisga’a Luke Parnell (né en 1971), est une vaste installation qui reprend la structure d’une façade de maison ancrée dans les lignes de contour prononcées de la côte du Nord-Ouest. Peinte à l’acrylique sur du contreplaqué de bouleau, du pin et du bois pressé, l’œuvre a été transformée par cinquante-cinq contributeurs en un papillon aux couleurs néon, où chaque panneau incarne une interprétation personnelle de la réconciliation.


Les panneaux collectifs aux couleurs néon suggèrent un rêve d’unité et de guérison porteur d’espoir. Parnell, cependant, vient troubler ce récit. Au centre inférieur se dresse une ouverture brute et creuse, gravée des initiales « TF » et « CB », hommage solennel à Tina Fontaine et à Colten Boushie, deux jeunes Autochtones dont la mort tragique, puis l’acquittement des personnes accusées dans ces affaires, ont suscité des appels à la justice à l’échelle nationale. Ce panneau sans ornement refuse le confort de la réconciliation; il force plutôt les spectateurs à faire face aux blessures persistantes de la violence systémique.


Par sa structure et sa symbolique, Explosion néon de la réconciliation rejette l’idée que la réconciliation puisse être un point d’arrivée net et résolu. Le papillon néon, inscrit dans le langage des lignes de contour prononcées, évoque habituellement la transformation, la renaissance ou la métamorphose. Or, Parnell présente la transformation comme un processus nécessaire, inachevé et souvent douloureux. En opposant l’optimisme communautaire au chagrin personnel, il caractérise la réconciliation comme une relation entre redevabilité et vérité, qui ne peut faire abstraction du traumatisme.


Cette œuvre agit comme une forme de transmission visuelle de la vérité, ancrée dans les systèmes de savoir autochtones, où l’imagerie des lignes de contour prononcées devient un langage urgent. La superposition de couleurs néon sur des formes traditionnelles affirme la continuité de la tradition, tandis que l’ouverture brute rappelle les ruptures historiques et contemporaines de la justice. L’œuvre demande si les gestes institutionnels ou performatifs de réconciliation suffisent réellement, et pousse le spectateur à regarder au-delà des gestes de surface pour affronter des réalités inconfortables.


En définitive, Explosion néon de la réconciliation intervient de manière critique dans le discours public : la réconciliation n’est pas un apaisement à offrir à la légère, mais un engagement qui exige confrontation, commémoration et résistance persistante. L’absence centrale ménagée par Parnell en dit long : un vide creusé dans la façade collective, qui rappelle que toute réparation véritable doit commencer par le témoignage, le remords et l’action.

Collection d’une nouvelle génération de témoins

Sonny Assu, Leila’s Desk (Le pupitre de Leila), 2013

Michael Barber, A Silent Sky (Un ciel silencieux), 2022

Christi Belcourt, Giniigaaniimenaaning (Looking Ahead) [Giniigaaniimenaaning (Regard vers l’avenir)], 2012

Rebecca Belmore, Apparition, 2013

Rain Cabana-Boucher, Laying Flowers (Déposer des fleurs), 2021-2024

Quill Christie-Peters, Portrait of Ste. Margaret’s Residential School and All It Could Not Contain (Portrait du pensionnat Ste. Margaret et de tout ce qu’il n’a pu contenir), 2018

Dana Claxton, Headdress – Shadae and Her Girlz (Coiffe – Shadae et ses filles), 2023

Beau Dick, The Ghost Confined to the Chair (Le fantôme confiné à la chaise), 2012

Oakley Rain Wysote Gray, Bleeding Heart Cape – M’st No’gmaq (All My Relations) [Cape Cœur saignant – M’st No’gmaq (Toutes mes relations)], 2021

7IDANsuu James Hart, Reconciliation Pole: Honouring a Time Before, During and After Canada’s Indian Residential Schools (Mât de la réconciliation : hommage à une époque avant, pendant et après les pensionnats autochtones du Canada), 2015-2017

Emma Hassencahl-Perley, White Flag (Drapeau blanc), 2015

Brent Henry, English Only! (En anglais seulement!), 2021

Shawn Hunt, Flipping the Bird (Faire un doigt d’honneur/Inverser l’oiseau), 2014

Lisa Jackson, Savage (Sauvage), 2009

Ursula Johnson, ITHA: The Livingroom (ITHA : le salon), 2021

Siassie Kenneally, All the Things That I Have Seen (Toutes les choses que j’ai vues), 2016

Jake Kimble, It’s All So Incredibly Loud (Tout est si incroyablement bruyant), 2025

Duane Linklater, i want to forget the english language, ulterior (je veux oublier la langue anglaise, ultérieur), 2020/23

Luke Marston, Bentwood Box (Boîte en bois cintré), 2009

Jim Logan, National Pastimes (Passe-temps nationaux), 1991

Kevin McKenzie, Being Indigenous (Être autochtone), 2024

Meryl McMaster, Truth to Power (Dire la vérité au pouvoir), 2017

Kent Monkman, The Scream (Le cri), 2017

Caroline Monnet, The Black Case (La mallette noire), 2014

Tim Moore, Erasure is Futile (L’effacement est inutile), 2021

Peter Morin, This is what happens when you perform the memory of the land (parts 1 and 2) [Voici ce qui se passe lorsqu’on active la mémoire de la terre (parties 1 et 2)], 2013

Saige “Nalakwsis” Mukash, 415 Braids (415 tresses), 2021

Carey Newman, Witness Blanket (La Couverture des témoins), 2013-2014

Davidee Ningeok, Sr., Residential School Nightmare (Cauchemar de pensionnat autochtone), 2015

Shelley Niro, The Shirt (Le chandail), 2003

Luke Parnell, Neon Reconciliation Explosion (Explosion de la réconciliation au néon), 2020

Dionne Paul, Her First Day of School [Son premier jour d’école (à elle)], 2013

Edward Poitras, Don’t Speak (Ne parle pas), 2015

Barry Pottle, Yale Dormitory (Residential School), North West River, Labrador [Dortoir Yale (pensionnat), North West River, Labrador], 2015

Teharihulen Michel Savard, Reciprocity (Réciprocité), 2009

Jason Sikoak, Sacrilege (Sacrilège), 2015

Greg Staats, Do’-gah – I don’t know [shrugging shoulders] [Do’-gah – je ne sais pas (haussement d’épaules)], 2020

Alan Syliboy, Grandmother 1 (Grand-mère 1), 1997

Jeff Thomas, Broken Treaties, 1613– (Traités rompus, 1613–), 2020

Jesse Tungilik, The Spirit of Intergenerational Trauma (L’esprit du traumatisme intergénérationnel), 2019

Tania Willard, Be a Good Girl (Sois une bonne fille), 2007

Luke Parnell, Neon Reconciliation Explosion (Explosion néon de la réconciliation), 2020 - Art Canada